Les halliers de la nostalgie
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Sans doute n'aurait-il pas fallu se laisser envahir
Par cette nostalgie survenue au débotté,
Ce matin de printemps-là, ni meilleur ni pire
Alors que, le nez en l'air j'avais l'esprit à chanter.
J'aurais dû plutôt incliner vers le rivage,
Un regard au phare aurait suffi
A me persuader qu'ânonner de vieux suffrages,
N'avait que peu de poids face au pharamineux défi.
Mais n'ai pas donné suite à l'idée qui, de loin en loin
M'enjoignait de dépasser l'obscure contingence,
De cesser le grand écart entre désir et besoin,
Transcender ce que l'être convoie de désespérance.
Lisant, relisant ce poème du poète maudit
Sur la fureur des éléments, l'affreux saccage,
Ou mer et homme, sous le chant des sirènes induit,
Comptent chacun leurs pertes avec constance et rage.
Je n'ai fait que plonger plus avant au coeur des halliers,
Dans le glissement furtif aux remugles écoeurants
D'une cohorte de souvenirs pesants, stratifiés,
Qui tels des troupeaux de moutons s'en allaient bêlants,
Brouter à regret le remord et la mélancolie,
Ruminant avec componction une frayeur intense
Qui accompagnait cette lente plongée vers la folie,
Proposant à la félicité de faire silence.
Par cette nostalgie survenue au débotté,
Ce matin de printemps-là, ni meilleur ni pire
Alors que, le nez en l'air j'avais l'esprit à chanter.
J'aurais dû plutôt incliner vers le rivage,
Un regard au phare aurait suffi
A me persuader qu'ânonner de vieux suffrages,
N'avait que peu de poids face au pharamineux défi.
Mais n'ai pas donné suite à l'idée qui, de loin en loin
M'enjoignait de dépasser l'obscure contingence,
De cesser le grand écart entre désir et besoin,
Transcender ce que l'être convoie de désespérance.
Lisant, relisant ce poème du poète maudit
Sur la fureur des éléments, l'affreux saccage,
Ou mer et homme, sous le chant des sirènes induit,
Comptent chacun leurs pertes avec constance et rage.
Je n'ai fait que plonger plus avant au coeur des halliers,
Dans le glissement furtif aux remugles écoeurants
D'une cohorte de souvenirs pesants, stratifiés,
Qui tels des troupeaux de moutons s'en allaient bêlants,
Brouter à regret le remord et la mélancolie,
Ruminant avec componction une frayeur intense
Qui accompagnait cette lente plongée vers la folie,
Proposant à la félicité de faire silence.
