Happée par le chant de la rivière,
Je descends au plus profond de moi
Les rapides de mon âme, dans les airs,
Je glisse dans l'eau, à la fraîcheur des bois;
Le héron, nuage de lait caillé, s'envole vers le soir,
Les arbres appellent leurs oiseaux,
Mesanges, grives et passereaux;
Je m'incruste sous l'écorce ;
Je sens l'esprit du saule dans ses feuilles,
Ses veines cogner sur mes tempes,
Un troglodyte, lové dans ma main,
Immobile, j'attends ;
Les hautes herbes de la prairie me hèlent,
Ondulent au rythme du chant de la grive,
Je danse avec elles, des hirondelles accrochées à mes cheveux.
Les mains aux ongles moussus,
Torrent de tout,
Je disparais.
