Des buses planent sur les vagues d'air ;
Je m'enivre de l'odeur de boue de rivière,
Du parfum sucré des haies blanches;
Un héron surpris s'envole, gris cendré,
Vent d'Oural et terres glacées.
Le coeur a froid en ces temps de solitude,
L'âme peine à se réchauffer;
Qu'il est difficile, parfois,
De voir la beauté de ce monde.
Pourtant, tout éclate partout ;
La force de la terre pousse mes pieds,
Aiglesse, je glisse dans un courant ascendant,
Brise sur les ailes immenses,
Je dépasse les buses, le héron,
Traverse la Sibérie, plumes givrées ;
Je flotte au-dessus des nuages;
Un instant, à la lisière de Dieu.
Descente ultra rapide sur Bach,
Échouage dans les vapeurs de vin chaud,
De cannelle, oranges et pruneaux,
La grive chante sur le piano de Gould.
Impressions extatiques.
