Allons, mon cher,
Dansons comme
Des gaies pinsons,
Frivoles et maladifs
Dans cette cour lustrée
Éclairée par la Lune ensanglantée.
Ce soir tu es Roi,
Dans cette nuit étoilée.
Le vin coulant dans ton gosier,
L'ivresse nous cajole
De doux baisers.
Prends garde à toi Cendrillon,
Le Prince n'est qu'illusion,
Et cette rêverie insensée
N'a que durée.
Dansons, mon cher
Comme si le temps s'est arrêté
Et la mort de faucher.
Tel des damnés prisonniers,
Une bourrasque soulevant nos souliers;
La musique à nos côtés
Achève de nous évader.
Nos yeux vides et translucides,
La chair tremblante vêtu de blanc,
Deux fantômes se tenant la main
Le temps d'une valse endiablé.
Allons mon cher,
Dansons avant que l'Enfer nous emmène
Et nous sépare à jamais de doux baisers.
