Ce soir
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Ce soir, mes yeux couchent un poème
Narguant de la fatigue,les cernes.
J’ai envie du repos d’ un hameau dans la brume,
D’une maison, d’un feu de bois odorants
D’ une couche improvisée, blotti dans tes aisselles
Quand le vent joue des tourbillons de feuilles
Quand l’oiseau étend son rire par les portes ouvertes
Quand le souffle chargé de menthe et romarin
Se glisse au bout du petit escalier
Pendant que tu défais les lacets de ta robe.
Alors sautant les barrières du temps
J’invente les mots qui n’existent pas
Je franchis d’un bond les murailles du moi
Et je revis pour tous ces moments là
Où l’on se réincarne étonné dans l’espace
De compter ébahi toujours autant d’étoiles
Heureux de courir tous les sentiers du monde
Enivré des senteurs de la pierre et du bois
Ebloui chaque soir du tendre crépuscule
Les yeux encore gravés de romantiques aurores.
Je dirais les mêmes cris,les mêmes certitudes
Et j’oublierais les morsures antiques
Pour prier le soleil de ne plus en finir
Et dissiper les brumes de mes imprévoyances.
Crier à perdre haleine
Crier à s’égarer des lignes
Mêler mes mots à la terre
Et sculpter ton visage
A deux doigts d’être fou.
