La peau rouge et bleue
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Cupidon pourquoi ? Les gens écrivent sur l’amour comme des enfants ennuyeux.
Dans leurs petits vers pourris, l’amour de comptoir a dégorgé sur les vœux.
Les vœux contrefaits, qu’on défait et refait quand on se promet un toujours.
Un beau jour, en robe noire, ta tempête de pierres te rend borgne et sourd.
Mon tendre amour, la grenadine a saignée dans les champs de blé.
L’amour m’a pris, violent comme la mort, triste comme un cliché d’été.
Les jours heureux se sont enfuis, devant la hache souillée du crépuscule.
L’animal assoiffé est reparti en chasse, nourri de tes plaies et de tes scrupules.
Cupidon tire moi, plante-moi, pénètre ma chair, de tes flèches aux milles couleurs.
Sur ma peau rouge de sang et bleue de ciel, étendue dans le jardin des peurs.
J’entends les pleurs. Des bébés d’histoires d’amours, passées et gâchées.
Cupidon, dans ce vacarme, si j’étais l’amour de ta vie, m’aurais-tu pardonné ?
