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Auspices
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Le cri grinçant du geai prévient que l’hiver rôde
Toute vie se blottit aux terriers de l’automne
La forêt a cousu ses mille étoiles jaunes
Que les vents rafleront en un brutal exode

Le creuset des saisons transforme en mauvais or
Les couleurs de l’été tombées en désaccord
Je découvre, étonné, combien le temps nous presse
Je respire et je vis, malgré que tout m’oppresse

Sur ma table une fleur se penche hors de son vase
Une abeille s’affole, idiote, à la fenêtre
Comme si, du couvain, elle n’allait renaître…
Au napperon brodé un pétale s’écrase

Ô mes chères amours, éphémères délices
Ô bonheurs, rires, joies, pauvres denrées d’antan
Broyées par la meule granitique du temps
Déversez votre suc en mon coeur, noir calice

Ah ne me parlez plus ni d’attraits, ni de charmes
Laissez-moi sur mon seuil, assis face au vieil orme
Que le doux froissement de ses branches m’endorme !
Vents, ne m’effleurez pas, car je suis plein de larmes !

Voici le lac sans rive où les rêves se glacent
Comment peut-on venir si près du précipice
Et ne lire, alentour, que de muets auspices
Rien d’autre que le souffle urgent du temps qui passe ?


© Poème posté le 12/01/2023 par Gkak

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