Dessiner le vent
8
J’ai voulu dessiner le vent
Amoureux des steppes lointaines,
Le vol des aigles qu’on entend
Gifler le soleil cru des plaines,
Puis le galop fier des chevaux,
Le tremblement des ciels rapides,
Les hivers blottis sous les peaux,
Le froid mordant des nuits limpides.
J’ai croisé le regard des loups
Porteur d’une ancestrale plainte
Et le silence aux cheveux fous
Dont la pierre garde l’empreinte.
J’ai recueilli l’ombre du temps
Qui passait parmi l’herbe rase
Et les récits des conquérants
Qu’une ferveur profonde embrase.
Soudain ce chant s’est élevé :
« Pure est la danse de la lune,
Calme est le soir inachevé,
Brève est de l’homme la fortune. »
Lors mes crayons ont répondu :
« Vaste est de l’aube la demeure,
Fort est l’appel de l’inconnu,
Libre est celui dont sonne l’heure. »
