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Volcans Internes

Et chaque jour, et chaque nuit
Mon cerveau brûle de mots enfouis
Sans répit, mes pensées m’assaillent
Visions des abysses qui m’entaillent

Mon crâne, volcan interne en ébullition
N’est jamais loin d’une nouvelle éruption
Et sur papier, sous terre ou dans le vent
Mes aphorismes provoqueront mon internement



Au commencement n’était qu’une étendue d’eau
Remplie de promesses, de joie et d’avenir
Où le ciel s’emplissait de chant d’oiseau
Et où le soleil réchauffait les navires

Mais rapidement, apparurent à la surface de l’océan
Des bulles remontant des profondeurs
Des gaz au tintamarre tonitruant
Annoncèrent des abysses un ambassadeur

Une chambre magmatique se formait
Dans les tréfonds d’une mer agitée
Et les navires borgnes ne voyaient
Que des bulles venant les perturber

Tous les jours questionnant leurs hypocrisies
Brouillard épais où se perdait ses visions
La mer s’engluait, perdue dans cette paralysie
Cérébrale des navires sous perfusion

Une porte s’ouvrait ainsi sur le monde
Murmure vespéral où s’amenuise les blafards
Pleines de visions nues et vagabondes
Créant l’arrivée d’un nouveau phare

Les fractures internes s’avançaient sous le manteau
Laissant béants les sons des abysses
Effrayant par des réalités détournées au plus tôt
Les œillères abritant les paquebots de jadis

Sous pression face à des nuées jacassières
Qui tassent les fissures et actent les brulures
Et dont les yeux fusillaient d’une certitude grossière
Les cheminées renégates annonçant la cassure

De plus en plus, le magma en fusion emplit
Une large chambre où s’enferme la censure
Sous la croute s’amoncelaient les replis
Secouant des cratères pleins de bavures

Les fonds marins et leurs sous-sols
Regorgeaient de lave et de gravats
Figeant dans des postures qui désolent
Les élans germant ici-bas

Enclavé malgré lui à des roches étrangères
Des heures durant, il créait d’abruptes romans
Où luisait avec étonnement des déserts
Que perçaient les étoiles de leur rayonnement

Surpris par la durée où s’enchâssait ses repères
Il démasquait des immondes barrages bourgeonnants
Ses gaz volcaniques effrayaient terres et mers
Qui évitaient d’y laisser s’insuffler leurs enfants

Vers la surface, les bulles montèrent délicatement
Etoiles dansantes emplies d’une rage enchainée
Comme une ballerine qui chaque jour se ment
Cachant les cicatrices de ses pensées avortées

Les plaques bougèrent et accentuèrent les émissions
Des remontées grasses apparurent alors subitement
Des années durant, le volcan devient une prison
Que de la surface, sans voir, on jugeait amèrement

Le bouillonnement interne ne cessa d’augmenter
La bouche du cratère se larvant depuis des années
Se cachant dans une étrange vulgarité
Où la vie se meure dans sa lucidité

Dans les abysses, une ébullition s’accélère
Et chaque éruption immergée apporte avec elle
Des colonnes d’eau au fracas délétère
Aphorismes d’une révolte immatérielle

Cendres, roches, magma brulent encore en son sein
Attendant d’exploser et de grandir
D’apparaitre à la surface en fantassin
Où la cheminée aura enfin son repentir

Point de salut, point de repos
Pour ce cratère où chaque jour résonne
Les tremblements inaudibles de ce château
Sorti d’une terre au troupeau monotone

Les brulures internes fulminent

Ne pouvant retenir sans cesse une flamme
Qu’adviendra t’il si ce chaos d’un coup implose ?
Faut-il cela pour qu’enfin je me repose ?

© Poème posté le 12/09/2022 par Evcy

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