Supplique
4
Il me prend parfois de rêver d’un flirt,
Ce bonheur léger où l’on se rencontre
Quand l’autre est, d’un ange, un songe sans heurt
Effaçant, du temps, chaque heure - et la montre...
Tout scintille alors ! - Tout brille, tout luit !
L’amour n’est pas loin, sa sonnette tinte,
Le quotidien fuit, l’émoi s’introduit
Dans le morne ennui de notre âme éteinte.
Sylphe ! elfe ignoré qui loin languissez
- Peut-être de moi - sans que me connaître,
Interstice, espoir, là vous vous glissez
Dans le noir que brise, infime fenêtre,
Votre halo pâle, ouvrant sur l’azur
Le rayon doré de toute promesse,
Havre de lumière, au-delà du mur
Que la solitude en bon maçon dresse...
Je te cherche, chère ! Ah ! existes-tu ?
Comment te trouver, mon altière-égale ?
Comment te prouver que je te suis dû ?
- Tu manques ! Je vais, et ma vie est gale !
...Je vous tutoierais ? - Toi ! tu me tueras
De m’être si près en restant absente
Alors qu’en mon cœur tu perdureras,
Eve inconnue, aimée, et qui me hante.
