Pétroglyphe
4
A peine, à l'heure folle où s'ébauche le ciel,
Quand la lune, hier pleine, à la nuit reste absente,
L'on distingue le sol plus clair de cette sente
Où l'effraie aventure un vol sempiternel...
L'herbe est drue et camoufle encore cette laie
Que le marcassin foule, avec sa mère, œil noir,
La hure frémissante au moindre bruit de loir,
Le grognement furieux quand fuit la gent ailée !
Par les bêtes tracé, c'est l'antique chemin
Serpentant, obstiné, plusieurs fois millénaire,
Et nul n'en connaît plus la source liminaire
Ni son but, et courant comme au feuillet la main,
Il écrit au hasard l'âpre chanson des ronces,
Des vaux et des halliers, des combes et des rus,
Et loin de toute ville et des humains abstrus,
Uniquement couru par les fous et les sconses,
Sa calligraphie, aux arabesques discrètes,
Chantourne les longs vers d'un poème infini
Dont le rythme est d'un chœur que Cybèle a béni,
Festonné de buissons, de serpents et d'aigrettes...
Quand la lune, hier pleine, à la nuit reste absente,
L'on distingue le sol plus clair de cette sente
Où l'effraie aventure un vol sempiternel...
L'herbe est drue et camoufle encore cette laie
Que le marcassin foule, avec sa mère, œil noir,
La hure frémissante au moindre bruit de loir,
Le grognement furieux quand fuit la gent ailée !
Par les bêtes tracé, c'est l'antique chemin
Serpentant, obstiné, plusieurs fois millénaire,
Et nul n'en connaît plus la source liminaire
Ni son but, et courant comme au feuillet la main,
Il écrit au hasard l'âpre chanson des ronces,
Des vaux et des halliers, des combes et des rus,
Et loin de toute ville et des humains abstrus,
Uniquement couru par les fous et les sconses,
Sa calligraphie, aux arabesques discrètes,
Chantourne les longs vers d'un poème infini
Dont le rythme est d'un chœur que Cybèle a béni,
Festonné de buissons, de serpents et d'aigrettes...
