Entre deux eaux flotte un merlan,
Las comme une vieille baderne,
L'oeil chassieux, l'écaille terne,
Le vague à l'âme et l'air dolent.
Le poisson, jadis frétillant,
Se traîne, nageoires en berne,
Jaloux de la couleur moderne
Des néons au bleu scintillant.
« Avant que ta pâleur empire,
Il faut te doper au lampyre »
Lui dirent les thons médisants.
C'est ainsi que le triste sire,
S'étant gavé de vers luisants,
Devint un clinquant merlampyre.
