Radoub
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Pêcheur des émotions et de perles,
Entretiens bien ton outil flottant
Pour, Océan, lorsque tu déferles,
Te résister, grand près ou portant !
Il faut garder la coque mouillée
Car, au bordé sec, bâillant, l’ais fuit ;
(Voile traînante, à terre, ennuyée,
Est comme sous l’arbre le laid fruit !)
Mieux vaut, toujours naviguer à vue
(La nef, au port, s’encroûte et surit),
Que, l’âme au clou, de sa pourpre imbue,
D’avoir, du vrai, vague, un air instruit !
Le labyrinthe insensé du rêve,
S’il troue un pan du décor réel,
Force une porte cosmique, tel
Le doigt des mers ravalant la grève !
Peu de fleurs sortent en ce sahel
Où la magie est aride et brève,
Cette félicité qui relève
Du parachèvement de Babel !
Dans les obscurs très secrets du songe,
Aux recoins qu’aucun ange ne ronge,
Nul requin ni du vain ni du faux,
Ne sert la lyre et l’imaginaire
Sous l’à-pic tournoyant des gerfauts,
Et l’évanescence où tout s’éthère…
