La tragédie du vide
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Pardon,
je crois, ô mon amour
Que je mourrai bien avant toi,
Car j’ai presque bouclé le tour
De ce cœur plein de désarroi,
Tant et plus battant qu’il te cherche
A travers la peine et la joie…
- Hélas ! il n’en reste pas lerche,
De ces coups, dont mon sang rougeoie.
J’étouffe ! Au malheur de penser,
A mon départ, devant, tout seul,
A l’impossible de panser
Ta peine après l’ultime seuil.
Oui ! Je tremble, de te le dire,
Il te faudra poursuivre encore,
Sans moi, la recherche du rire,
Et du plaisir qu’un ciel bleu dore..
Je t’aime, au plus doux que je sais,
Puisses-tu bientôt m’oublier ;
Ce que je n’ai su délier,
… Et toi, mes serpents apaisés.
Puisses-tu mettre, plus heureuse,
Un peu de sel à l’existence
- Et quitter l’ombre et le silence -
Imposée à ton âme creuse.
