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Obscure étoile
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L’âme comme un champ de ruines
Sous un ciel lourd et gris de bruine,
Le regard vide et las tu erres
Traînant des souvenirs de naguère.

De la mémoire profondément enfouie
Ne remonte que l’épaisse et sombre lie
D’un passé que le temps n’a pas vaincu,
Te laissant à jamais le cœur blessé, nu.

Quand le jour éreinté enfin s’endort,
Tu entends au loin les Chants de Maldoror (*)
Et, cherchant des yeux la lueur d’une étoile,
Tu ne vois de la nuit que l’obscur voile.

Il n’est point de lumière en ce gouffre ténébreux
D’où n’émergent que des sentiments vénéneux,
Le chemin qui déjà s’efface ne mène pas loin
Quand, regardant hier, tu voudrais aller à demain.


(*) Les Chants de Maldoror sont un ouvrage poétique en prose, composé de six parties appelées “chants”, écrit et publié en 1869 par Isidore Ducasse sous le pseudonyme de Conte de Lautréamont. Le texte ne constitue pas une histoire suivie et cohérente, mais une suite d’épisodes dont la constante est la présence de Maldoror, un personnage mystérieux et maléfique.

© Poème posté le 20/11/2021 par Matriochka

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