Exil*
Je parle des étrangers
Dont le ruban d’exil
S’enroule à nos poignées
Et à nos cerveaux reptiles
S’il est souvent accroché aux épines
C’est qu’hélas l’on ne devine
De la beauté des bleus versants
Que les pierres aux angles tranchants
Je parle des étrangers
A toute glaçante bise
Qui opposent la blanche chemise
De leur force et de leur dignité
Dans leur pourpre cage d’os
L’oiseau de l’espoir, l’oiseau du chagrin
Dans un bec-à-bec féroce
Se déchirent la couvée du matin
Je parle des étrangers
De leurs lointains pays
Où les mémoires infinies
Remuent sans fin les odeurs d’été
Où des rivières de lait jaillissent
De douces mains d’amour
Où chaque geste esquisse
Le visage rêvé du retour
Oh mon dieu qu’à la toute fin de notre été
A défaut d’un impossible pardon
Au moins ne nous soient comptés
Notre mépris ni notre abandon
Dont le ruban d’exil
S’enroule à nos poignées
Et à nos cerveaux reptiles
S’il est souvent accroché aux épines
C’est qu’hélas l’on ne devine
De la beauté des bleus versants
Que les pierres aux angles tranchants
Je parle des étrangers
A toute glaçante bise
Qui opposent la blanche chemise
De leur force et de leur dignité
Dans leur pourpre cage d’os
L’oiseau de l’espoir, l’oiseau du chagrin
Dans un bec-à-bec féroce
Se déchirent la couvée du matin
Je parle des étrangers
De leurs lointains pays
Où les mémoires infinies
Remuent sans fin les odeurs d’été
Où des rivières de lait jaillissent
De douces mains d’amour
Où chaque geste esquisse
Le visage rêvé du retour
Oh mon dieu qu’à la toute fin de notre été
A défaut d’un impossible pardon
Au moins ne nous soient comptés
Notre mépris ni notre abandon
* en cet air préélectoral nauséabond
