L'amour et la gastronomie
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Ovide a bien chanté l'art d'aimer sans jamais
Penser que la cuisine y soit bien familière
Et c'est le ventre plein que, gaulois, Rabelais
Donne à Gargantua ses lettres à la chère.
L'amour est le même art que celui de la table:
Il lui faut un palais pour goûter ses plaisirs;
Les glandes salivent de façon délectable
Et mouillent des lèvres de leur propre désir.
A l'assaisonnement des personnalités,
L'amour est l'appétit de toute âme orpheline:
Tablier de sapeur cher aux corps des pompiers,
Son chef est maître-queux au fond de la cuisine.
On y fait comme on dit des entrées en salade;
On picore gourmet le coeur d'un artichaut;
On s'en désaltère comme à la régalade
Et s'empifre, païen, d'un pâté de museau.
Les menus n'ont jamais rien de végétarien:
La chair s'y consomme de préférence fraîche
Et quand l'eau de ses cours n'apaise plus la faim
Le loup, le poisson-chat comme la raie se pêchent.
Le gibier de plume, même à poil est prisé;
La chasse est à l'affût, plus galamment à courre;
Pigeons, biches, lapins se font souvent tirer
Et dans les basses-cours, la poule s'énamoure ....
Les plats sont relevés d'un piment d'aventure;
La glace à feux doux fond ; les coeurs vont s'y chauffer
Et pour ravir les sens que prônait Epicure
Quand la pièce est montée, la pomme est à croquer !
Aucun lance-pierre expédiant ce festin
Mais bien l'éternité pour jouir de l'extase !
Les couverts et les plats ne servent plus à rien:
Le gastronome est un amant prompt à l'emphase !
Penser que la cuisine y soit bien familière
Et c'est le ventre plein que, gaulois, Rabelais
Donne à Gargantua ses lettres à la chère.
L'amour est le même art que celui de la table:
Il lui faut un palais pour goûter ses plaisirs;
Les glandes salivent de façon délectable
Et mouillent des lèvres de leur propre désir.
A l'assaisonnement des personnalités,
L'amour est l'appétit de toute âme orpheline:
Tablier de sapeur cher aux corps des pompiers,
Son chef est maître-queux au fond de la cuisine.
On y fait comme on dit des entrées en salade;
On picore gourmet le coeur d'un artichaut;
On s'en désaltère comme à la régalade
Et s'empifre, païen, d'un pâté de museau.
Les menus n'ont jamais rien de végétarien:
La chair s'y consomme de préférence fraîche
Et quand l'eau de ses cours n'apaise plus la faim
Le loup, le poisson-chat comme la raie se pêchent.
Le gibier de plume, même à poil est prisé;
La chasse est à l'affût, plus galamment à courre;
Pigeons, biches, lapins se font souvent tirer
Et dans les basses-cours, la poule s'énamoure ....
Les plats sont relevés d'un piment d'aventure;
La glace à feux doux fond ; les coeurs vont s'y chauffer
Et pour ravir les sens que prônait Epicure
Quand la pièce est montée, la pomme est à croquer !
Aucun lance-pierre expédiant ce festin
Mais bien l'éternité pour jouir de l'extase !
Les couverts et les plats ne servent plus à rien:
Le gastronome est un amant prompt à l'emphase !
