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Les fils du destin
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A une sage lune, brodant un coin des cieux,
J’ai avoué ma peur, ne pouvoir être mère.
Elle a posé l’ouvrage sur son plus haut cratère
Et coulé un regard sur mon ventre soucieux.

« Ce qu’il te faut savoir, ma fille, mon amie,
C’est que rien n’est hasard, me dit l’astre de nuit.
J’en ai pour belle preuve en cette voûte élimée
Ma Besogne éternelle pour ton humanité.

Pour chaque pensée de vie c’est un fil que j’affaire
A diriger vos pas, à croire en vos prières.
Offrant aux quatre vents, pour mieux vous satisfaire,
Votre besoin d’aimer, votre manière de faire.

Pour chaque espoir de vie c’est un fil que je tends,
Suspendu à vos rêves, aux caprices du temps.
Et toujours je devine, et déjà je pressens,
Le flot des sentiments qu’éveillera l’enfant.

Pour chaque souffle de vie c’est un fil que je noue.
Tramez le en satin, Tramez le à genoux,
C’est par l’âme du tisserand que l’influence se joue
Quand il drape d’amour le sage ou le plus fou.

Pour chaque instant de vie c’est un fil manifeste
Que j’ajuste à vos rires et certains de vos gestes,
J’auréole vos fronts, y insuffle vos quêtes,
Par-delà le sacré des écrits et prophètes,

Pour chaque éclat de vie, c’est un fil que je tresse.
Je surpique les cœurs, recouds les maladresses
Et jamais n’ai de cesse de repriser l’étoffe
Gardant inachevée mon œuvre philosophe ».

© Poème posté le 16/04/2021 par Graziella

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