T’avais-je parlé de ces vents
Qui m’ont conduit de par le monde
Semant sur ses décors mouvants
Ta nette image vagabonde ?
T’avais-je écrit qu’à peine écloses,
Aux beaux jours du floral jardin
Sur nos chers soirs toutes les roses
Signaient ton nom de leur parfum ?
Tombés à terre leurs pétales
Sont devenus ces vers roussis
Dans la pâmoison hivernale
D’un cœur peu à peu déverdi
Qui impuissant n’a pu que suivre
La saison à l’air trop rugueux,
Qui peine aujourd’hui à revivre
Au neuf printemps, loin de nous deux,
Craignant que sur le point d’éclore
Aux nouveaux jours de leur jardin,
Les roses en boutons encore
N'exhalent toujours ton parfum.
