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Le coq C O Q
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Il est aussi fier qu'Artaban
Pour se pavaner comme un paon
Faut dire qu'il a bien belle allure
Même au milieu de tas d'ordures.
Il aime, là, faire le beau,
Bien perché dessus ses ergots,
Pour que chaque matin naissant
Il entonne son chant puissant.
Pas besoin de voir ses mollets
Pour que l'on devine qui c'est:
Chacun de nous a reconnu
En Chantecler, le coq imbu.

Son habit est haut en couleurs
Pour qu'il s'approprie bien des coeurs
Et sous son aile protectrice
Sa cour se plie à ses caprices.
Vaniteux, fougueux et sans peur
Du challenger, du maraudeur,
Il vol' dans leurs plumes si vite
Que l'adversair' s'enfuit de suite.
Il n'est nul besoin d'ergoter
Pour comprendre et avoir noté
Que ce petit coq de village
A des poulettes à son ouvrage.

Il ne pouvait pas mieux rêver
Que d' percher en haut des clochers
Pour surveiller tout l'alentour
Des intrus menaçant sa cour.
Dès lors notre coq veille au grain,
A ses poul's et son gagne-pain
Puis bon maître-queux, il cuisine
Au pot ses cocot's et gélines.
La chair de poule dans la peau,
Il a, dans les nids, le coeur chaud
Et jusqu'à rôtir il s'enflamme
Coqueriquant dès qu'il se pâme.

Hélas les becs fins, les gourmets
Pris'nt aussi la chair des poulets
Et voici que c'est désormais
Pour lui qu'on prend de l'intérêt.
Ainsi, Louis quatorz' fit bonn' presse
A son croupion qu' le' sot-l'y-laisse'
Et d'autr's encor' louent le chapon
Victime infâm' de castration.
Triste sort pour ce roi déchu
Mais à la destinée prévue
Quand en l'épelant C O Q ,
On sait qu' c'est là qu'il l'a bien eu !


© Poème posté le 01/02/2021 par Louis Vibauver

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