Ô souvenir heureux de mon adolescence,
Des jours nonchalamment glissés le long des murs
Où rien ne se gravait, que les rêves obscurs
D'une attente incertaine en la vive indécence,
Que j'aurai du désir de mener cette danse
Où l'ombre et le frémir guident, d'un geste sûr,
Et l'éclair et le cri qui déchirent l'azur
Dans le plus grand respect de l'intime cadence.
J'aurai connu de toi, que toujours j'attendis,
Les deux bouts de cette arche à la corde tendue ;
Est-il autre baiser à fibre plus ténue ?
Un jour entre mes doigts ta boisure verdit ;
Je vois depuis danser, sur des soieries de Chine,
Mes mains, mes vastes mains, qui malléent ton échine.
