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Elle me plut tout de suite
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Nous avions pour vélo la dernière machine
Que nos soldes d’été nous permettaient d’avoir.
Ces travaux saisonniers nous pliaient fort l’échine
Sans quérir, pour ce faire, un énorme savoir.

Un mois à nous crever, dans les pommes de terre
Derrière un soc actif explosant les sillons,
Courbés sur les tranchées d’un port plutôt austère
Nous n’avions pas loisir de pousser roupillons.

Le salaire à la fin était de bonne taille
Permettant d’acheter de quoi nous équiper.
Ainsi toute la troupe attendant la bataille
Sut prendre rendez-vous, sans trop se dissiper.

Tout fut donc mis sur pieds pour permettre la course
Dans notre chaud Pater qui plaidait pour son tour.
La bande était fort jeune et manquait de ressource
Pour monter sa police et garder l’alentour.

La course était au mieux, et l’allure était forte
Dans notre file indienne enchaînant les relais.
Soudain un grand écart, bavure en quelque sorte,
Me mit sur le goudron, pas loin de mon palais.

La meute s’arrêta, m’apportant assistance,
Et me mit aux bons soins d’un tout jeune tendron.
De visage bien fait, de svelte consistance
Il peinait sans ciller à m’ôter le goudron.

Ce fut mon tout premier amour dit platonique
Qui survint à la fin d’un été flamboyant.
Nous nous écrivîmes, le temps d’une chronique,
Pour parler, en pudeur, de propos louvoyant.

Ces courses épiques se sont déroulées dès nos 12 ans jusqu'à nos 15 ans...
Après nous sommes passés à d'autres courses...

© Poème posté le 10/01/2021 par Tonindulot

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