Sur les ponts de la ville
6
La nuit descend déjà sur les ponts de la ville,
Et comme chaque soir nous nous tenons debout
Et narguons l'Occident, devenu comme fou,
Avec d'humbles bougies à la flamme fragile.
L'escadron va jaillir du tréfonds d'un ciel noir
Plein de son hurlement qui pétrifie le fleuve,
Mais avant que le feu de sa fureur ne pleuve,
Nos bougies brilleront sans faillir, sans déchoir.
Soudain, fendant les airs, les bombardiers surgissent,
Pleins d'un enfer bandé qui sur nous va cingler,
Cependant qu'échouant à faire chanceler
Nos bougies allumées, les ténèbres mugissent.
Le tumulte accouru éructe des éclairs
Qui hachent le néant d'aveuglantes saccades.
- Vous croyez triompher de nos fières bravades ?
Nos bougies vous saluent, maîtres de l'Univers !
Osez, rien qu'une fois, viser cette dentelle
Que nous avons posée sur les flots ébranlés,
Fauchez sans faux-semblants nos rangs ici dressés :
Nos bougies survivront à notre chair mortelle !
Il y a çà et là des brasiers, des lueurs,
Tandis que, loin de nous, l'Occident dort tranquille …
Le silence revient sur les ponts de la ville,
Nos bougies chaque soir nous consacrant veilleurs.
Et comme chaque soir nous nous tenons debout
Et narguons l'Occident, devenu comme fou,
Avec d'humbles bougies à la flamme fragile.
L'escadron va jaillir du tréfonds d'un ciel noir
Plein de son hurlement qui pétrifie le fleuve,
Mais avant que le feu de sa fureur ne pleuve,
Nos bougies brilleront sans faillir, sans déchoir.
Soudain, fendant les airs, les bombardiers surgissent,
Pleins d'un enfer bandé qui sur nous va cingler,
Cependant qu'échouant à faire chanceler
Nos bougies allumées, les ténèbres mugissent.
Le tumulte accouru éructe des éclairs
Qui hachent le néant d'aveuglantes saccades.
- Vous croyez triompher de nos fières bravades ?
Nos bougies vous saluent, maîtres de l'Univers !
Osez, rien qu'une fois, viser cette dentelle
Que nous avons posée sur les flots ébranlés,
Fauchez sans faux-semblants nos rangs ici dressés :
Nos bougies survivront à notre chair mortelle !
Il y a çà et là des brasiers, des lueurs,
Tandis que, loin de nous, l'Occident dort tranquille …
Le silence revient sur les ponts de la ville,
Nos bougies chaque soir nous consacrant veilleurs.
En témoignage de respect et d'admiration devant le courage des Belgradois qui,
au cours de la campagne de "frappes" menée par l'OTAN en Serbie du 24 mars au 9 juin 1999 sous le nom de "Force Alliée", se tinrent chaque soir sur les ponts de leur ville, une bougie à la main, en signe de résistance à l'hégémonie occidentale.
L'opération militaire s'est terminée par la signature des accords de Kumanovo et la perte du Kosovo. Dès le 11 juin, de nombreux Serbes se voyaient contraints de fuir cette province, pourtant berceau et âme de leur pays …
au cours de la campagne de "frappes" menée par l'OTAN en Serbie du 24 mars au 9 juin 1999 sous le nom de "Force Alliée", se tinrent chaque soir sur les ponts de leur ville, une bougie à la main, en signe de résistance à l'hégémonie occidentale.
L'opération militaire s'est terminée par la signature des accords de Kumanovo et la perte du Kosovo. Dès le 11 juin, de nombreux Serbes se voyaient contraints de fuir cette province, pourtant berceau et âme de leur pays …
