Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Une si pâle lune
2

Dans la nuit blafarde des épreuves d’hier
Se traîne un corps brisé sous une veste brune,
Le long des murs tagués, à peine découverts
En ce soir livide, par une pâle lune.

Lentement l’ombre choit au pied des graffitis
Qui sous un vent léger semblent frémir encore,
Fine aiguille et garrot sur veine rebondie,
C’est son ultime shoot, mais cela il l’ignore.

Des soleils rutilants en gerbes papillonnent,
Des enfants insouciants s’ébattent en criant,
Tout est tellement clair dans des heures qui sonnent
En des beffrois tonnants, sans aucun cadran.

Restant là en transe, dans cette farandole,
Sous la cascade d’or d’hélianthes sidéraux,
D’ivresse, il ne sent pas que son cœur caracole
Dans l’allure folle d’un pur-sang au galop.

Son âme n’est que feu, rougeoyante dans l’âtre
D’une passion folle, d’une liberté crue,
Se laissant dévorer, sans force pour combattre,
Soudain elle s’éteint dans le noir de la rue.

Il n’avait que vingt ans, n’était fils de personne,
Sauf de l’héroïne, pour sa triste infortune,
Sur le trottoir vide, le seul qui se questionne,
C’est le soir livide, sous la si pâle lune.

© Poème posté le 04/08/2020 par Fregat

...
× Illustration agrandie