Tristesse
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Paysage gris au ciel moutonneux
Le roulis des eaux gronde, malheureux
Le sable ocre vole dans cette brume
Un cri de mouette se perd dans les dunes
Ce matin, personne sur le ponton
Le vent froid de l'hiver souffle en rafales
L'île est isolée, mortelle saison
Même le café a fermé, fatal
Plus de cri d'enfants, l'école est muette
Le silence blanc envahit Huette
Le soir tombe tôt et la nuit arrive
Sans bruit, dans la pluie chétive dérive
Un volet grince au loin, dans le village
Rythmant les heures d'une nuit sauvage
L'horizon bouché, la mer déchainée
Les matins sans fins s'étirent malsains
Le gris est partout, bruine et vent marin
Trottoirs balayés, place désertée
La corne de brume, un bateau en mer
Hurle et déchire le silence amer
Aucun signe d'une mince éclaircie
Tristesse et mélancolie sont unies
Sans fin sans répit, la monotonie
Ce site anthracite a tout envahi
