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Silence des sources
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Si je vous dis que le chant des eaux vives n’est plus
Longs murmures liturgiques des hauts aux bas pays
Mes pieds buissonniers, poissons sauvages et nus
Remontaient en couples l’odeur des amonts à midi
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Si je vous dis que le chant des eaux vives n’est plus
Ni les cressons élevant leur verdure jusqu’à nos hanches
Ni les courants engainant dans leurs gants d’étain battu
Les chasses fulgurantes des cincles à gorge blanche
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Si je vous dis que le chant des eaux vives n’est plus
Qu’il ne reste qu’un fond de brume d’un matin perdu
Pour envelopper nos épaules d’un voile de rosée
Et que mêmes les saules n’ont plus rien à pleurer
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Si je vous dis que le chant des eaux vives n’est plus
Paraissant immuables à si bien sculpter la lumière
Reflets pérennes des traces dansantes du soleil, amères,
Dans leurs creux gisent mes feuilles mortes vois-tu ?
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Si je vous dis que le chant des eaux vives n’est plus
Que sans relâche m’assourdit le silence des sources
Le bris d’une âme qui tombe de la grande ourse
Que mon souffle dans l’herbe sèche s’est perdu
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Si je vous dis que le chant des eaux vives n’est plus
Qu’un sable de désert coule au creux de nos mains
Je ne sais de quel horizon la soif m’est apparue
Avant que la dernière moisson ne m’enlace les reins
Un endroit, où pour la première fois de mémoire d'homme les fontaines se sont vidées cet été

© Poème posté le 12/01/2020 par Hurlevent

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