« Tu dors ? » et « Oui, tendrement » [public averti]
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Tu dors ?
Oh, bonheur !... À l’aurore, le coq cocoricotait
Lançant haut son ode au jour qui à l’est montait.
Cocorico... Cocorico... Cocorico...
Quelle plaie ! Je dormais avec toi à mon côté
Belle, secrète, étalée sous la couette d’été.
Moi, fier mâle pas trop mal, droit sous le drap coco
Dardant matinalement ma lame de sabre.
J’espérai ton réveil, mon bébé à peau glabre
Et à l’âtre accueillant là-bas. Ah, sa chair flasque
Sentant l’ambre et le musc dans l’écrin qui le masque...
Et tes seins marocains, taquins, coquins... « Tu dors ? »
Ton dos si beau et tout rôti au soleil d’or
Me présente tes fesses, promesses à nos richesses.
- - -
Oui, tendrement
Ma nuit encore épaisse m’offre son allégresse.
Mon coquelicot toque à ma porte, mais je dors.
Le chant peu dansant d’un enfant jouant dehors
Rappelle à sa maman son amant bergamasque
A moins qu’il ne fut turc, étrusque, peut-être basque.
Sous mon voile étoilée je me vois bien seulabre ;
Mais je suis bien ! « Tu dors ? » chante le coq sous l’arbre...
« Oui » m’ouis-je répondre à demi évanouie.
On touche mes cheveux, mes yeux clos. « Je te veux,
Je peux ? ». Peu à peu, s’allume mon feu. Je veux.
Bien vite emportée, mes lèvres murmurent " oui,
Prends ton amante mon amant, bien joliment. "
Cette fois ma voix sort de moi : « Oui, tendrement... ».
Oh, bonheur !... À l’aurore, le coq cocoricotait
Lançant haut son ode au jour qui à l’est montait.
Cocorico... Cocorico... Cocorico...
Quelle plaie ! Je dormais avec toi à mon côté
Belle, secrète, étalée sous la couette d’été.
Moi, fier mâle pas trop mal, droit sous le drap coco
Dardant matinalement ma lame de sabre.
J’espérai ton réveil, mon bébé à peau glabre
Et à l’âtre accueillant là-bas. Ah, sa chair flasque
Sentant l’ambre et le musc dans l’écrin qui le masque...
Et tes seins marocains, taquins, coquins... « Tu dors ? »
Ton dos si beau et tout rôti au soleil d’or
Me présente tes fesses, promesses à nos richesses.
- - -
Oui, tendrement
Ma nuit encore épaisse m’offre son allégresse.
Mon coquelicot toque à ma porte, mais je dors.
Le chant peu dansant d’un enfant jouant dehors
Rappelle à sa maman son amant bergamasque
A moins qu’il ne fut turc, étrusque, peut-être basque.
Sous mon voile étoilée je me vois bien seulabre ;
Mais je suis bien ! « Tu dors ? » chante le coq sous l’arbre...
« Oui » m’ouis-je répondre à demi évanouie.
On touche mes cheveux, mes yeux clos. « Je te veux,
Je peux ? ». Peu à peu, s’allume mon feu. Je veux.
Bien vite emportée, mes lèvres murmurent " oui,
Prends ton amante mon amant, bien joliment. "
Cette fois ma voix sort de moi : « Oui, tendrement... ».
Entre assonances et alitérations ces poèmes sont un souvenir de moi, ou de moi, je ne sais plus.
J'ai inventé l'autre moi en tous les cas, mais lequel, je ne sais plus.
Ce que je sais, c'est que nous étions deux et qu'on s'est emmêlé les pinceaux et les cheveux et puis tout le reste entre ces premiers et ces derniers.
Je ne savais plus qui tu étais et sans doute tu ne savais plus qui j'étais, nous étions juste nus comme deux vérités qui s'embrasent.
J'ai inventé l'autre moi en tous les cas, mais lequel, je ne sais plus.
Ce que je sais, c'est que nous étions deux et qu'on s'est emmêlé les pinceaux et les cheveux et puis tout le reste entre ces premiers et ces derniers.
Je ne savais plus qui tu étais et sans doute tu ne savais plus qui j'étais, nous étions juste nus comme deux vérités qui s'embrasent.
