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Eau douce
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Le lac était nocturne et la rive, lointaine.
Et ma présence ici ne pouvait qu’intriguer,
entre la lune d’eau qui dérivait à peine
et le songe diffus d'un saule fatigué.

Une ondine soudain se sentit attouchée :
ma paume était coupable et sa nuque, complice.
La réponse à son cri fut au calme arrachée
et le trouble des eaux témoigna du délice.

Mais le jour aussitôt la rendit transparente
et – quoiqu’elle fût ceinte – aussi lâche qu’un pleur ;
et ce qui reste d’elle est une eau différente,
un sillage sans cygne et un sang... sans couleur.

© Poème posté le 05/01/2019 par Philippe MARTINEAU

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