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Esquisse du Pèlerin Russe
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Là-bas, là où s'en va la lente et longue plaine,
Là où la neige étend son pas d'éternité,
Quelque part, le silence irisé a tremblé
Faiblement, tout là-bas, sur la route lointaine.

L'attente suspendue est à peine un murmure,
Un souffle qui grandit, un sourd bourdonnement,
Grave et réconfortant, amical, bienfaisant,
Un chœur où s'est posée la forêt forte et pure.

La cloche a retenti, le temps est immobile,
La foule s'est pressée vers le porche entrouvert
Où s'avancent déjà, du fond du vaste hiver,
Les icônes, l'encens, la pénombre tranquille.

Il y a la coupole, égale et tutélaire,
Il y a les regards de lumière habités,
La joie transfigurée, les murs comme effacés,
Les célestes parvis descendus sur la terre.

Il y a cette voix, enfin, basse, profonde,
Capable de porter, d'embrasser, de couvrir
La lente et longue plaine où rien ne peut finir,
Capable d'éveiller, de soulever le monde.

Et tout là-bas, au loin, où s'irise la route,
Le silence est immense et le ciel nu étreint
Le souffle solitaire au pas du pèlerin ;
Car la plaine est si vaste, et si longue la route …

© Poème posté le 16/12/2018 par Ombrefeuille

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