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Le pèlerin aux illusions perdues
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V'là le pèlerin solitaire

Marchant sur les chemins de pierres,

Il va, suivant obstinément

Le cours immuable du temps :

C'est le fantôme au vent d'hiver,

Dans sa défroque de misère…

Il s'en vient d'un vieux cimetière,

Si loin, bien loin de sa chaumière.


Marchant la nuit, reclus le jour,

Il voudrait revoir ses amours…

Il ne sait pas le " Lustucru "

Que sa chaumière a disparu.

Entendez-vous là dans la plaine

Ce bruit qui monte jusqu'à nous,

On dirait bien un bruit de chaînes

Qui se traînent sur les cailloux.


la lande tousse, elle frémit

Sous le ciel voilé de minuit…

le hameau se tait et se terre,

Ecoutant les bruits de l'hiver :

Un triste loup en ce décor

Hurle à la nuit, hurle à la mort,

Quelques corbeaux en déraison

Font du chahut dans les sillons.


C'est le fantôme des ténèbres

Qui, tel un pèlerin, sans trêve,

Poursuit sur les chemins de pierres

Dans sa défroque de misère…

Il ne sait pas pauvre pantin

Qu'il va en vain sur les chemins

Car se sont fanées ses amours,

Blessées, meurtries et pour toujours.



Autant en emporte le vent -

© Poème posté le 01/12/2018 par Mijo

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