Ô Marie
7
I.
L’horreur me nouait dès l’instant
Où l’on entrait dans la chapelle
Dans ce piétinement ardent
D’un troupeau qui paît et qui bêle !
Ô ! Vierge, t’ai-je haïe !
Pressant l’Enfant-Roi de l’histoire
Sur ton sein où perlaient des cires,
Tu trônais. Vers ton promontoire
Je lançais les outrages pires …
Ô ! Vierge, t’ai-je salie !
Car moi je demeurais sans mère,
Errant aux murs de ce collège
Où du printemps jusqu’en hiver
Tout était noir, même la neige …
Ô ! Vierge, t’ai-je ternie !
Nul goût je n’avais pour ce lait
Qu’un téton prodigue à l’Enfant ;
Laide la vie, lors j’étais laid
Tel doit se juger le serpent …
Ô ! Vierge, t’ai-je honnie !
Plutôt j’aurais mordu ton sein
Qu’y épancher mon âme en pleurs.
Tout mon effort était malsain,
Voulant du mal toute l’ampleur …
Ô ! Vierge, t’ai-je trahie !
II.
Mais Toi, tu m’adressais ton ris
Qui ruisselait telle une eau pure,
Magistère qui ne tarit
Et me lava de mes injures …
Ô ! ma Vierge, Ô ! ma Marie !
III.
Divine au sourire vainqueur
Qui sur tes joues oncques flétrit,
Par l’éponge d’or de ton cœur
Étanche la soif du contrit !
Sois la source où l’Amour jaillit !
Radieuse autant que rieuse,
Aux pécheurs que maux enfièvrent
Ouvre en offrande très pieuse
La commissure de tes lèvres !
Sois Celle qui toujours sourit !
L’effusion de ton doux ris
Vainc tout rire haineux et moqueur,
La risée publique et ses cris,
Et tue le noir rictus des cœurs !
Ô ! Femme entre toutes bénies !
De ceux qu’une frayeur enchaîne
Aux affres de la maladie,
Veuilles purifier l’haleine
Chaque fois que ton Nom est dit !
Sois la Sainte qui tout guérit !
IV.
Et quand serons morts sur nos lits,
Ne mendiant regrets ni pleurs,
À nos crânes qu’il anoblit
Dépose, sans qu’on t’en supplie,
En pardon ton baiser rieur …
Ô ! Vierge qui nous chérit !
L’horreur me nouait dès l’instant
Où l’on entrait dans la chapelle
Dans ce piétinement ardent
D’un troupeau qui paît et qui bêle !
Ô ! Vierge, t’ai-je haïe !
Pressant l’Enfant-Roi de l’histoire
Sur ton sein où perlaient des cires,
Tu trônais. Vers ton promontoire
Je lançais les outrages pires …
Ô ! Vierge, t’ai-je salie !
Car moi je demeurais sans mère,
Errant aux murs de ce collège
Où du printemps jusqu’en hiver
Tout était noir, même la neige …
Ô ! Vierge, t’ai-je ternie !
Nul goût je n’avais pour ce lait
Qu’un téton prodigue à l’Enfant ;
Laide la vie, lors j’étais laid
Tel doit se juger le serpent …
Ô ! Vierge, t’ai-je honnie !
Plutôt j’aurais mordu ton sein
Qu’y épancher mon âme en pleurs.
Tout mon effort était malsain,
Voulant du mal toute l’ampleur …
Ô ! Vierge, t’ai-je trahie !
II.
Mais Toi, tu m’adressais ton ris
Qui ruisselait telle une eau pure,
Magistère qui ne tarit
Et me lava de mes injures …
Ô ! ma Vierge, Ô ! ma Marie !
III.
Divine au sourire vainqueur
Qui sur tes joues oncques flétrit,
Par l’éponge d’or de ton cœur
Étanche la soif du contrit !
Sois la source où l’Amour jaillit !
Radieuse autant que rieuse,
Aux pécheurs que maux enfièvrent
Ouvre en offrande très pieuse
La commissure de tes lèvres !
Sois Celle qui toujours sourit !
L’effusion de ton doux ris
Vainc tout rire haineux et moqueur,
La risée publique et ses cris,
Et tue le noir rictus des cœurs !
Ô ! Femme entre toutes bénies !
De ceux qu’une frayeur enchaîne
Aux affres de la maladie,
Veuilles purifier l’haleine
Chaque fois que ton Nom est dit !
Sois la Sainte qui tout guérit !
IV.
Et quand serons morts sur nos lits,
Ne mendiant regrets ni pleurs,
À nos crânes qu’il anoblit
Dépose, sans qu’on t’en supplie,
En pardon ton baiser rieur …
Ô ! Vierge qui nous chérit !
