L’avare
4
Il calcule les sous de ses fonds mutuels
Pour apaiser l’ennui de sa vie monotone,
Il achète au printemps les deniers virtuels
Qui doreront les gains à revendre à l'automne.
Telle une musique à son oreille, gaiement,
Il avale sa soupe en sapant goulûment
Ainsi la bourse veille à son or joliment.
Dans sa bourse et son coffre, il est riche en deniers,
Mais dans sa maison vide, il est pauvre en entier ;
Il se prive de tout pour ne manquer de rien
Et dans son âme pingre, il est un vrai vaurien.
Il jauge ses comptes comme on ouvre un bréviaire
Rempli de dollars ou de piastres économes ;
Il prie Fortuna, la déesse financière
Pour qu’il tombe une pluie de fortune et d’aumônes.
Comme un pinard rosé, un bon vin vieillissant,
Il s'enivre de blé et d’argent reluisant
Ainsi son trésor croit en magot fleurissant.
Il cumule les sous, son unique richesse
Tel un suce-la-cenne ; et ça, il le confesse.
Il grignote son pain et ramasse les miettes ;
Il ménage sa soupe et lèche les assiettes.
À l’âge où le billet doux ne nous chérit plus,
Ce banquier y voit une porte d’entrée
Pour son paradis des nantis et des élus ;
La mort est venue et sa folie enterrée.
Si vous avez eu un rapiat dans vos aïeux,
Soyez fin à ne pas trop être avaricieux.
Ne faites pas comme l’avare… ce radin
Qui se prive de tout pour ne manquer de rien.
.
Tous droits réservés © Claude Lachapelle / août 2018
Pour apaiser l’ennui de sa vie monotone,
Il achète au printemps les deniers virtuels
Qui doreront les gains à revendre à l'automne.
Telle une musique à son oreille, gaiement,
Il avale sa soupe en sapant goulûment
Ainsi la bourse veille à son or joliment.
Dans sa bourse et son coffre, il est riche en deniers,
Mais dans sa maison vide, il est pauvre en entier ;
Il se prive de tout pour ne manquer de rien
Et dans son âme pingre, il est un vrai vaurien.
Il jauge ses comptes comme on ouvre un bréviaire
Rempli de dollars ou de piastres économes ;
Il prie Fortuna, la déesse financière
Pour qu’il tombe une pluie de fortune et d’aumônes.
Comme un pinard rosé, un bon vin vieillissant,
Il s'enivre de blé et d’argent reluisant
Ainsi son trésor croit en magot fleurissant.
Il cumule les sous, son unique richesse
Tel un suce-la-cenne ; et ça, il le confesse.
Il grignote son pain et ramasse les miettes ;
Il ménage sa soupe et lèche les assiettes.
À l’âge où le billet doux ne nous chérit plus,
Ce banquier y voit une porte d’entrée
Pour son paradis des nantis et des élus ;
La mort est venue et sa folie enterrée.
Si vous avez eu un rapiat dans vos aïeux,
Soyez fin à ne pas trop être avaricieux.
Ne faites pas comme l’avare… ce radin
Qui se prive de tout pour ne manquer de rien.
.
Tous droits réservés © Claude Lachapelle / août 2018
Tous droits réservés © Claude Lachapelle / août 2018
