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L'oasis du soir
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Immobile est la soif ardente
Au pas de ce jour sans reflets,
Enivrante est la dune lente
Que le soleil boit à longs traits.

Avec le vent monte le sable
Qui tournoie, vibre et gifle l'air,
Et le mirage insaisissable
Frémit là-bas, au loin se perd …

Voici que la chaleur décline,
Et voici que s'en vient le soir,
Le désert courbe un peu l'échine
Et près de ce puits va s'asseoir.

Ici danse l'ombre des palmes,
Ici s'abreuvent les troupeaux,
Ici passent les heures, calmes,
Ici commence le repos.

Au seuil de cette nuit s'élève,
Aussi pur que le firmament,
Aussi doux que l'écho d'un rêve,
Un chant solitaire et mouvant.

Alors, galbés comme des voiles
Et caressants comme le miel,
Le luth enlace les étoiles
Et la flûte épouse le ciel.

Puis retombe un vaste silence
Sur le sommeil de toute chair,
Sur l'horizon éteint, immense,
Sur le souffle de l'être cher.

Dès les premiers feux de l'aurore,
Il faudra quitter pour longtemps
Cette oasis, et suivre encore
La même route aux yeux brûlants …

© Poème posté le 06/06/2018 par Ombrefeuille

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