Refuge
1
Doublement arrosée
la mort du Bernard
ermite alambiqué
et expert en cafard
Il était bien vilain
avec sa carapace
où tenait tout son bien
Une pauvre besace
gonflée d'un paletot
de maillots, d'un tricot
Alors que ses copains
grands ennemis de l'eau
se traînaient, imbibés
à son dernier repos
un crachin fraternel
pleurait sur le défunt
distrayant l'éternel
et le pesant curé
Triste caravane
que ses amis de bistrot
leurs rires en panne
malgré les nombreux pots
se traçant un chemin
de tombe en chagrin
Paulo, le plus costaud
fit circuler le calva
Leurs manquèrent les mots
mais pas le tour de bras
La bouteille, bien sèche
rejoignit le cercueil
suspendant le prêche
et reçut bon accueil
Sous les abois des chiens
les jurons des passants
et la voix du destin
qui grignotait son temps
le cortège rincé
mis cap sur son foyer
En dehors de Paulo
qui jouait les meneurs
bavassait l'Aristo
qui distillait ses peurs
Puis, venait la Reine
au rictus de molosse
et Secco, en peine
le coeur à la fosse
L'OASIS, leur maison
leur but, leur repaire
Hamid l'avait fermé
le temps d'une prière
de la saine tablée
pour toute oraison
Le palmier était gris
de mégots mal éteints
Leurs gosiers, fort marris
méritaient une pinte
De tournée en tournée
de gorgeon en gorgeon
à étancher leur soif
jusqu'à la pâmoison
le mort en sainteté
y gagna sa coiffe
la mort du Bernard
ermite alambiqué
et expert en cafard
Il était bien vilain
avec sa carapace
où tenait tout son bien
Une pauvre besace
gonflée d'un paletot
de maillots, d'un tricot
Alors que ses copains
grands ennemis de l'eau
se traînaient, imbibés
à son dernier repos
un crachin fraternel
pleurait sur le défunt
distrayant l'éternel
et le pesant curé
Triste caravane
que ses amis de bistrot
leurs rires en panne
malgré les nombreux pots
se traçant un chemin
de tombe en chagrin
Paulo, le plus costaud
fit circuler le calva
Leurs manquèrent les mots
mais pas le tour de bras
La bouteille, bien sèche
rejoignit le cercueil
suspendant le prêche
et reçut bon accueil
Sous les abois des chiens
les jurons des passants
et la voix du destin
qui grignotait son temps
le cortège rincé
mis cap sur son foyer
En dehors de Paulo
qui jouait les meneurs
bavassait l'Aristo
qui distillait ses peurs
Puis, venait la Reine
au rictus de molosse
et Secco, en peine
le coeur à la fosse
L'OASIS, leur maison
leur but, leur repaire
Hamid l'avait fermé
le temps d'une prière
de la saine tablée
pour toute oraison
Le palmier était gris
de mégots mal éteints
Leurs gosiers, fort marris
méritaient une pinte
De tournée en tournée
de gorgeon en gorgeon
à étancher leur soif
jusqu'à la pâmoison
le mort en sainteté
y gagna sa coiffe
Chacun, chacune a droit à ses mirages et à son Oasis
