Une grange et deux coeurs
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Dans une grange fraîche aux arums fleuris,
Au sortir de l'enfance, ils se sont endormis...
Ne voulant exister que par leur tendr'amour,
Comme deux tourtereaux aux ailes de velours.
Les yeux nimbés de bleu, ils voulaient vivre, enfin,
Leur aventure à deux en suivant leur chemin
Qui grimpait tout là-haut pour rejoindre le ciel,
Au seuil de leurs vingt ans, que la vie était belle !
Ils avaient retrouvé les chemins de lavande,
Les grands sapins géants qui festonnent la lande,
Ils s'en allaient cueillir la caresse du vent
Et le frais du ruisseau qui serpente en rêvant.
La grange romantique protégeait de son mieux
Dans son ombre complice les deux aventureux,
Partis de bon matin, sans contrainte, sacs aux dos,
Ne voulant plus entendre que le chant des oiseaux.
Après la nuit passée loin des bruits de la ville,
L'aube les retrouva enlacés et tranquilles,
Aux premières lueurs, ce grand bonheur offert,
C'était comme un bouquet de roses printanières.
Ils n'avaient pour fortune qu'une immense tendresse
Et offraient à la lune l'éclat de leur jeunesse...
Ils étaient merveilleux : deux rayons de soleil
Qui brillaient, réunis, d'un éclat sans pareil.
Je crois qu'il ressemblaient à ce que nous étions,
Deux jeunes insoumis ayant pour horizon
Les grands espaces verts aux parfum enivrants,
Un air de liberté les menait triomphants.
Où sont ils, à présent, ces deux là qui s'aimaient ?
Est-ce-que malgré le temps les anges ont bien veillé
A conserver leur joie d'être ensemble toujours ?
La grange a disparu mais non pas leur amour...
Du moins, je veux y croire !
Oh ! oui, je veux y croire !
Au sortir de l'enfance, ils se sont endormis...
Ne voulant exister que par leur tendr'amour,
Comme deux tourtereaux aux ailes de velours.
Les yeux nimbés de bleu, ils voulaient vivre, enfin,
Leur aventure à deux en suivant leur chemin
Qui grimpait tout là-haut pour rejoindre le ciel,
Au seuil de leurs vingt ans, que la vie était belle !
Ils avaient retrouvé les chemins de lavande,
Les grands sapins géants qui festonnent la lande,
Ils s'en allaient cueillir la caresse du vent
Et le frais du ruisseau qui serpente en rêvant.
La grange romantique protégeait de son mieux
Dans son ombre complice les deux aventureux,
Partis de bon matin, sans contrainte, sacs aux dos,
Ne voulant plus entendre que le chant des oiseaux.
Après la nuit passée loin des bruits de la ville,
L'aube les retrouva enlacés et tranquilles,
Aux premières lueurs, ce grand bonheur offert,
C'était comme un bouquet de roses printanières.
Ils n'avaient pour fortune qu'une immense tendresse
Et offraient à la lune l'éclat de leur jeunesse...
Ils étaient merveilleux : deux rayons de soleil
Qui brillaient, réunis, d'un éclat sans pareil.
Je crois qu'il ressemblaient à ce que nous étions,
Deux jeunes insoumis ayant pour horizon
Les grands espaces verts aux parfum enivrants,
Un air de liberté les menait triomphants.
Où sont ils, à présent, ces deux là qui s'aimaient ?
Est-ce-que malgré le temps les anges ont bien veillé
A conserver leur joie d'être ensemble toujours ?
La grange a disparu mais non pas leur amour...
Du moins, je veux y croire !
Oh ! oui, je veux y croire !
La jeunesse, qui a devant elle l'avenir et ses illusions, rêve et poursuit le mieux,
Eugène Marbeau
Eugène Marbeau
