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Ballade de l'hiver en allé
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Il a revu le temps de son bonheur,
De la gelée et des grosses congères
Lorsque janvier seul était à l’honneur,
Plein de flocons, ses éternels compères
Mais le printemps sort ses allures fières
Quand mai fournit tant de douces romances ;
Les bourgeons neufs se font mille accointances ;
Un ciel nouveau soudain s’est installé ;
Sous les beaux jours aux lumières intenses,
Oyez les pleurs de l’hiver en allé.

Il se croyait le plus grand entraîneur
Des vents glaciaux aux bourrasques amères,
En bousculant le moindre patineur
Comme un vrai dieu répandant ses mystères ;
Tel une bête, il avait ses repères,
Des airs cruels et pleins de manigances ;
Ses champs neigeux faisaient des parcs immenses
Sur un tapis longuement étalé
Mais il s’efface au fil des circonstances,
Oyez les pleurs de l’hiver en allé.

Il s’imagine un cœur de repreneur
Face à ces jours où manquent ses colères
Et le voilà le regard ricaneur
Quand reste encore un peu de ses misères
Tels des relents aux froides atmosphères ;
Hélas, les cieux déploient mille prestances
Et sous le ciel presque jamais voilé,
Enfin privé de viles arrogances,
Oyez les pleurs de l’hiver en allé.

Princes, menant d’heureuses existences,
Rêvant souvent d’un destin étoilé,
Écoutez-les, ces défuntes romances,
Oyez les pleurs de l’hiver en allé.


© Poème posté le 10/03/2018 par Lastours

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