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A Violette , m’amie


Toi, ma libertaire
ma rebelle
ma volontaire
Ce jour-là
je t’avais emmenée
respirer l’air
libre
à toi si longtemps refusé

Tes poumons
tes pauvres poumons
meurtris de flétrissures
s’empliraient d’un coulis
d’azur rosi
de fraises mûres

Le pouls si fluet
de ton souffle
sifflant
remontait des bleuets
à tes fines joues blêmes
en chaque veine
de frêle porcelaine

Tu étais si faible
tu te voulais si ferme !

Je te trouvais si belle
quand ton rire
évanoui
venait mourir à tes lèvres tremblées
en un triste chant rouillé

Sans fin
je me serais abreuvée
à la frange
de tes yeux noyés
d’eau pervenche
J’aurais tondu l’herbe
de mes dents de mousse
pour que tes pas ne foulent
que douces pousses
Pour moi, tu aurais fait de même

Il fallait nous hâter
toi côté face
moi côté pile
deux allées du même sentier
si fort liées par l’Amitié
le belle la vraie
en son mystérieux secret
celle qui, complice
sans artifice
ne crains rien de la courbe crème
d’un « je t’aime »

L’Amitié
la belle la vraie
ça ne pousse
qu’une fois par vie
quand ça pousse !
or, pour toi, la vie
ô ciel que restait-il de ta vie !

« A la vie à la mort »
clamait notre serment
oubliant combien souvent la vie
ment !
Ce jour-là, ce jour-là, m amie
il y avait toi
il y avait moi
tout simplement
irrésistiblement
dans un même halo
unies

Mon souvenir te fait renaître
et depuis, tout là-haut
je suis restée à la fenêtre
en lumière
sur le plus haut degré

Veuve de l’Amitié perdue
mais
riche de l’Amitié vécue !

© Poème posté le 01/02/2007 par Alby

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