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Pas morte, mais c'est tout comme
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Qui es-tu toi que je côtoie ?
Je le sais toujours trop peu
Tant que tu es là
Et que tu me donnes l’image de toi.
Tu pars ; et l’image reste !
Elle était pour moi déchirée
Pavage, mosaïque, patchwork, etc..
Toi c’est encore la colle
Entre tous nos morceaux de vie

On suit sa route sans vraiment savoir
La trace de celle qui se déroule.
Et puis un jour, on part

Tu pars...
Je crois, je trouve, je vis...
Moi je reste de ce côté,
Celui de l’apparence,
Celui du dense
Où je t'entendais, te voyais, te sentais

J'ai l’âme entristée qui bafouille,
Hoquetant de douleur,
Caquetant ton nom,
Becquetant une peau absente

Qui est celui qui part ?
Qui est celui qui reste ?
On continue, chacun côte à côte,
Encore un petit peu,
Chacun sur son bord de chemin,
Qui ignore maintenant la parallèle,
Sans plus de perspective commune,
Sans plus de corps à serrer,
Ni pour l’un ni pour l’autre

Et la route du temps qui développe son fil
Devient la lame froide et tranchante,
Inflexible, intransigeante,
Inexorable,
Qui sépare en deux notre être commun

Tu pars, pour moi
Qui reste avec des draps vides.
Tu nais ailleurs
Là où je ne suis pas
Et où peut-être tu me cherches déjà.
Je suis là, mon amour,
Et je te choies encore en moi
En sachant que nos mains,
Mienne de chair, et tienne d’esprit,
Vont s’abandonner, lentement

Qui étais-tu toi que je côtoyais ?
Pourquoi ce lien si fort
Qui soudain a lâché ?
Je n’ai pas eu le temps de savoir

Où es-tu ?
Toi, mon autre âme,
Que va devenir l’âme de mon âme ?

Je te parlerai encore,
Longtemps,
Mais saurai-je t’entendre

Je dois me reprendre
Et rayonner d’amble avec toi,
Pour toi,
Encore chaude en moi

Pourquoi ce cri de l’absence
Si longuement déroulé en vers ?
Sans toi, c’est tout,
Et je ne me trompe pas en écrivant cela,
Je suis perdu

Qu’importe le il ou le elle
Quand la faux couche un andin
Et que le vrai, dépouillé,
Résonne enfin
De tout son éclat,
Libéré de sa chair.
En abandonnant ta peau
C’est mon être que tu dévêts
Et le voilà nu
Comme le tien, tout aussi nu.
Nos âmes se mêleront encore
Quelque part dans des nuits sans lieu,
Des nuits de soleil omniprésent

Je dois me refaire,
Tu dois te refaire,
On doit défaite
Ce qu’on a fait
Pour le renouveler

Alix, Pilar, Claire, Patrick, Ariane,
D’autres encore ,
Qu’importe le nom, voire le sexe,
Quand on est séparés

On est humain devant la mort

Tu n'es pas morte,
Mais c'est tout comme

Chassons la tristesse qui guette !
On doit rire comme on riait,
On doit vibrer comme on vibrait,
On doit s’aimer
Comme on s’aimait
Libres l’un de l’autre,
Libres l’un et l’autre
En une union éternelle
Et oui, c'est comme ça...

Et vous n'y êtes pour rien !



Mais je resterai comme j'étais,

Bien, au milieu de vous,

Prenant garde de me dénuder totalement.

© Poème posté le 03/11/2017 par Pilar

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