Quand nous l’avons atteint le pays d’attirance,
Cette France si loin qui nous faisait rêver,
Nous les gens de l’ailleurs si prêts à tout braver,
J’avais le cœur heureux tout empli d’espérance.
Je venais de subir les chemins de l’errance
En suivant ma famille afin de retrouver
Quelques lopins de terre, un sol à cultiver,
Sous un ciel bleu d’espoir, peuplé de tolérance.
Mais aujourd’hui, mes jours ont un goût doux-amer
En regrettant déjà le pays d’outre-mer,
Les chemins rocailleux qui guidaient ma jeunesse
Et quelquefois perdu, me sentant passager,
Je voudrais tant qu’on m’aime et qu’on me reconnaisse,
Moi le nouvel enfant, le petit étranger.
