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La chanson du mal aimé.
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Arrête de ta main ces fragiles feuillets
Qui tombent chaque jour d’un vieux calendrier,
Sois comme Pénélope et ses doigts si gracieux,
Vient retisser mes jours et mes cheveux pluvieux.

Que ton fil d’Ariane guide mon pas troublé
Dans ce long labyrinthe où j’ai souvent cherché
Les secrets de l’amour caché sous un rocher
Que ce pauvre Sisyphe n’a pas su déplacer.

Comme la fée Morgane aux élixirs puissants
Rajeunit ma mémoire, accorde-moi le temps
De retrouver au fond de ce vaste océan
La clef de ce bonheur que j’ai perdu, enfant.

Va reprendre ma lyre enfouie dans les enfers
Que j’égarais un soir quand gémissait l’hiver,
Ma belle Sulamite, apprends-moi le cantique
Qui ranime le feu en ces heures tragiques.

Dans cette île déserte au sable inexorable
Qui disperse mes ans de son grain implacable,
Perce ces nuages de ton arc, Artémis,
Donne-moi la force, que les voiles se hissent !

Offre ce long voyage à mon cœur fatigué
De ces lourds bagages qu’il a longtemps portés,
Sois reine de Saba mais ne sois pas idole,
Emporte-moi là-bas où tintent les corolles,

Où la vigne s’empourpre aux baisers du soleil,
Où la feuille d’acanthe accueille les ivresses
D’un papillon flambant aux élytres vermeils,
Où plane les hérons avec grande paresse.

Emmène-moi là-bas aux prés de ta tendresse,
Embaume ce vieux corps des fleurs de ta jeunesse.

A Pieds-enVers pour sa présence si précieuse et son humour malicieux!

© Poème posté le 15/06/2017 par Banniange

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