Chaque arbre offre couleurs et songes
au vent qui parcourt les chemins
Sous les mousses pousse l’oronge
Tombent les feuilles de carmin
Sur l’humus mou comme une éponge
.
Mort le printemps des brises folles
Mort le coucou de nos amours
Des enfants marchent vers l’école
Un pivert tape comme un sourd
Est-ce mon cercueil qu’il bricole
.
Et mort l’été des lumineuses
étoiles au ciels chauds des nuits
des fièvres aux fleurs vénéneuses
qui rôdent dans l’ombre sans bruit
et des violences amoureuses
.
Septembre avec l’automne arrive
et moissonne l’or du soleil
Au fond des vignes bleues les grives
se disputent les grains vermeils
Il pleure un saule sur la rive
.
Saules près du fleuve tranquille
pareils aux jets d’eau dans les soirs
pleurez vos larmes d’or qui filent
maint reflet dans le courant noir
de tous mes regrets inutiles
.
Les monts s’effacent dans la brume
et les chevreuils dans la forêt
Harfang l’aube gonfle ses plumes
Une hirondelle disparaît
outre les vagues qui écument
.
Chaque arbre offre couleurs et songes
au vent qui parcourt les chemins
Quel étrange chagrin me ronge
C’est l’automne Il pleuvra demain
Sous les mousses pousse l’oronge
