Les mères de la place de Mai
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Les flambeaux de l’aurore enflammaient les sillons
Des visages ridés d’amour et d’abandon
De ces femmes dansant sur l’étang des sanglots
Déversés pour tous ceux disparus sans écho.
Mais elles y péchaient des pépites d’espoir
Qu’aucun sombre ouragan n’aurait pu décevoir
Tant la sève coulait dans leurs veines ouvertes
A la beauté du monde, à cette terre offerte.
Des visages enfouis dans le chœur des églises
Où elles prièrent tant de fois sans surprise,
Des visages errants sur les docks embrumés
En guettant cette vague où tournoient des noyés.
Des visage de nid où rêvent les mésanges
Quand le printemps jaillit façonné par les anges,
Des visages de fleurs, vignes et liserons
Où s’enlacent les jours le temps d’une saison.
Merveilleux visages des mères solitaires
Sur la place de mai, fières et solidaires,
Quand vos doux foulards blancs tournaient infiniment
Pour inverser le temps qui ravit vos enfants.
Des visages ridés d’amour et d’abandon
De ces femmes dansant sur l’étang des sanglots
Déversés pour tous ceux disparus sans écho.
Mais elles y péchaient des pépites d’espoir
Qu’aucun sombre ouragan n’aurait pu décevoir
Tant la sève coulait dans leurs veines ouvertes
A la beauté du monde, à cette terre offerte.
Des visages enfouis dans le chœur des églises
Où elles prièrent tant de fois sans surprise,
Des visages errants sur les docks embrumés
En guettant cette vague où tournoient des noyés.
Des visage de nid où rêvent les mésanges
Quand le printemps jaillit façonné par les anges,
Des visages de fleurs, vignes et liserons
Où s’enlacent les jours le temps d’une saison.
Merveilleux visages des mères solitaires
Sur la place de mai, fières et solidaires,
Quand vos doux foulards blancs tournaient infiniment
Pour inverser le temps qui ravit vos enfants.
Les Mères de la place de Mai sont, en Argentine, l’unique organisation de défense des droits de la personne composée exclusivement de femmes . Pendant quarante ans, elles se sont battues pour retrouver leurs enfants enlevés par la dictature militaire .
