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Le tranchant des pierres
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Sur le chemin, il n’y avait plus devant moi
Que le sable abrasé d’une voix,
Et mon corps hardi de roche en roche
S’élançait, sourd à l’écho des vagues
De souvenirs distants qu’il laissait enfin derrière.

Je ne souffrais plus. J’étais seulement fourbu
De la trajectoire rectiligne de tous ces jours
Passés à psalmodier sans relâche un nom,
A chaque heure, un peu plus loin et plus profond.
Mais au-delà de l’oubli, où m’étais-je perdu ?

Ternes, dans la nuit inexorable qui descendait,
Se brisaient les miroirs fossilisés du passé.
Sensation étrange d’une délivrance,
D’une terrible puisqu’inconnue liberté.
J’étais insensible désormais à toute douleur.

Je le serais donc aussi à la dureté des pierres.
Même au tranchant de la falaise sous mon pas,
Si par malheur il venait à défaillir.
Une étoile argentait l’abîme.
Sans une ombre d’inquiétude, j’avançais.
Sur le chemin, il n’y avait plus devant moi

Que le sable abrasé d’une voix,

Et mon corps hardi de roche en roche

S’élançait, sourd à l’écho des vagues

De souvenirs distants qu’il laissait enfin derrière.



Je ne souffrais plus. J’étais seulement fourbu

De la trajectoire rectiligne de tous ces jours

Passés à psalmodier sans relâche un nom,

A chaque heure, un peu plus loin et plus profond.

Mais au-delà de l’oubli, où m’étais-je perdu ?



Ternes, dans la nuit inexorable qui descendait,

Se brisaient les miroirs fossilisés du passé.

Sensation étrange d’une délivrance,

D’une terrible puisqu’ inconnue liberté.

J’étais insensible désormais à toute douleur.



Je le serais donc aussi à la dureté des pierres.

Même au tranchant de la falaise sous mon pas,

Si par malheur il venait à défaillir.

Une étoile argentait l’abîme.

Sans une ombre d’inquiétude, j’avançais.


© Poème posté le 16/02/2017 par Fregat

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