Les godillots de Vincent
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Nous nous sommes usé les talons à te suivre
Par les plus durs chemins, supportant tes humeurs.
Ni les coups du mistral, ni les grosses chaleurs
N’auraient pu saborder en nous la joie de vivre.
Quand fusait ton talent débridé de félibre,
Tu couvrais tes tableaux de superbes couleurs,
Cieux étoilés, cyprès, iris, arbres en fleurs.
Nous rentrions le soir, harassés et toi, ivre,
Tu nous laissais tomber, fidèles godillots
Aux semelles trouées et empeignes tordues,
Puis montais te coucher dans ton pauvre paillot.
Dans un moment de spleen tu nous fis le portrait.
Une toile de plus parmi tant d’invendues !
Qui eût cru qu’au musée un jour on entrerait ?
Par les plus durs chemins, supportant tes humeurs.
Ni les coups du mistral, ni les grosses chaleurs
N’auraient pu saborder en nous la joie de vivre.
Quand fusait ton talent débridé de félibre,
Tu couvrais tes tableaux de superbes couleurs,
Cieux étoilés, cyprès, iris, arbres en fleurs.
Nous rentrions le soir, harassés et toi, ivre,
Tu nous laissais tomber, fidèles godillots
Aux semelles trouées et empeignes tordues,
Puis montais te coucher dans ton pauvre paillot.
Dans un moment de spleen tu nous fis le portrait.
Une toile de plus parmi tant d’invendues !
Qui eût cru qu’au musée un jour on entrerait ?
Vieux souliers aux lacets (Vincent Van Gogh, 1886) - Musée Van Gogh Amsterdam
