Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Cette fin d'après-midi-là
2

Cette fin d’après-midi-là, il pleuvait.
Une pluie fine, silencieuse.
Les nuages tentaient d’engloutir
Le coucher de soleil tranquille
Qui déclinait à l’horizon.
Mais il résistait encore.
Sa lumière étrange couvrait
Les arbres aux feuillages détrempés.
Sur les parapluies de passants pressés,
Et sur mes yeux havane, elle glissait.

Immobile, debout dans la rue,
Y percevant un peu du mien,
Je regardais tous ces visages.
La fatigue de ceux accablés de grisaille.
La force impressionnante
De ceux dont rêvaient les pas.
Ils sont si beaux ceux qui rêvent.
Moi aussi, je savais.
Les miens, sur leur sillage,
Retrouvaient des bonheurs que j’avais égarés.

C’était avant la Tourmente.
Le cataclysme éventra notre temple
D’un long crépitement sur le toit.
Grésils lourds de nos cruautés croisées.
Et ce silence après
Qui fit plus mal encore.
Perdu parmi les débris, muet,
Sur les flaques et les décombres
Je t’ai dévisagée, ne te reconnaissant plus.
Tu chancelais sans plus me voir.

Il pleuvait, cette fin d’après-midi-là.
D’une pluie drue, douloureuse.
Un immense voile noir
Enfonçait le soleil sous l’horizon.
Et il ne brillait plus.
Mes yeux havane assombris comprirent
Que j’apercevais là l'ombre
De mon dernier rêve, de mon ultime jour.
Puisque tu me quittais.
Puisque tu ne m’aimais plus.

© Poème posté le 03/07/2016 par Fregat

...
× Illustration agrandie