Sous un mûrier géant,
Etions si jeunes enfants
A manier l'aiguille
Le jeu était facile :
Nous vivions bien tranquilles
Loin des bruits de la ville.
Sous les branches nombreuses,
Nous papotions heureuses...
Insouciantes ouvrières,
Nous n'étions pas peu fières
Des fleurs si jolies
En fils bien choisis,
Que tu nous apprenais,
Maman, à façonner.
L'art se faisait expert
Sur la toile légère
Tendue je m'en souviens
Sur des tambours à main ;
Tout en points de chaînette
Des guirlandes coquettes
Peu à peu se formaient
Qui, bien sûr, nous charmaient.
Il était une fois,
Un jardin plein de joie,
Nous offrant ses rosiers
Et ses bougainvilliers...
Puis ce fut difficile
De ranger nos ouvrages
Au fond de nos bagages.
La fête était finie
Et toi, maman chérie
Tes yeux devinrent soudain,
Si sombres de chagrin.
Je veux garder au coeur
En rêves de couleurs,
Ces instants de bonheur
Où nous étions unies
Sous notre arbre de vie.
Si loin de mes quinze ans,
Je pense à toi Maman !
