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Sonnet de Camargue
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Je vis près du soleil et toute ma fortune
Se résume en air pur, en copeaux parme et bleus,
A la guise des cieux offerts à la lagune,
Ourlée de salicorne et de roseaux frileux.

Dans un parfum de sel et d'étranges essences,
Je m'affranchis du poids causé par les tourments
Près des hérons cendrés vigiles d’un silence
Sans cesse craquelé par le cri des flamands.

Et l'amer en mon âme infusé dans les nasses
Emergeant à moitié de ces miroirs liquides,
Comme un lait d’amande, délicat mais tenace,

Se dissipe sur l'onde à petits pas languides.
Puis l'ombre sommeilleuse enivre les bécasses
Et d'images repue, la Camargue m'efface.

© Poème posté le 13/05/2016 par Maninred

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