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Rouge était le soleil sur l'arène en folie
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Le soleil était rouge sur la foule en folie,
Et le taureau tournait piqué de banderilles,
Il subissait ainsi son terrible anathème,
Comme un pantin meurtri au coeur de cette arène.

L'oeuvre du picador se révélait cruelle...
Sur les gradins la foule s'exaltait de plus belle,
Et l'instant poursuivait son acte stupéfiant,
Rouge comme le sang sous le soleil brûlant.

A quoi pense un taureau face à ce matador
En habit de lumière mais garant de la mort ?
La foule se déchaîne, excitée par l'image
D'un taureau qui se bat avec force et courage...

Mais dont la fin est proche...Peut être le sait-il,
Quand son dos est si rouge sous le soleil qui brille,
Lorsque la muleta vient fléchir son élan,
Le taureau songe t il à ses rêves d'antan.

Quand alors il courait dans la vaste prairie,
Etait il donc écrit qu'il donnerait sa vie
Pour quelque instant mené en un jeu bien cruel
Quand les gradins se parent de chapeaux et d' ombrelles ?

Le soleil est si rouge et triste est la prairie,
Un fier taureau est mort et j'en fais le pari,
Bien d'autres seront ainsi tourmentés, malmenés,
En d'autres corridas... Bien triste destinée !
Sans grandeur, ni noblesse, le sens de la noblesse animale est trop souvent sacrifié à la bestialité humaine !

Paul Guth

© Poème posté le 02/03/2016 par Mijo

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