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Sur les chemins de Compostelle
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Le vers viril un jour clama
Qu'il haïssait une étrangère :
« Contre Césure j'entre en guerre
Je sors couteaux et coutelas

C'est sûr, je trucide Césure
Je veux que le vers marche au pas
Rythmé, scandé sans falbalas
Rigide et fier et sans coupure ! « 

Point de pause dans le combat
Le vers farouchement attaque
L'hémistiche et lui fout des claques
Sans discussion et sans débat !

Point de repos, point de mollesse
Ici, on ne respire pas
Le vers hérissé se débat
Contre la coupable paresse

De Césure, pause traîtresse
Qui offense tout vers, soucieux
De proclamer jusques aux cieux
Sa virilité vengeresse...

Le poète fut convoqué
Pour calmer l'ire du rebelle
Sur le chemins de Compostelle
Pendant un an il fut lancé

Le vers connut bien des déboires
Sur ces chemins de sainteté
Et marchant à pas redoublés
Il fut forcé, ah, quelle histoire

D'accepter pauses et repos
A son corps défendant sans doute
Mais comment poursuivre la route
En voulant galoper plein-pot ?

Lors il revint à la sagesse
Césure le charma un brin
Et, tout penaud, un beau matin
Il dut épouser la traîtresse !

Et le poète respira ...

© Poème posté le 03/01/2016 par Marcek

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