Estivants, promeneurs, munis de vos jumelles,
Des vedettes les ponts : adéquates semelles,
Venez, nombreux, nous voir, mâles comme femelles,
Dans notre paradis, incontesté, d’oiseaux,
Nos ailes découpant le ciel tels des ciseaux
Quand délaissent nos becs les océanes eaux !
Dans les Côtes-du-Nord, l’archipel des Sept-Îles,
Sauvage on ne peut plus, des marins volatiles
Royaume protégé, nid d’espèces fertiles,
Est spectacle féerique aux ébats par milliers
De cormorans huppés et, combien familiers !
Pingouins et phoques gris, eux-mêmes alliés
À fulmars boréaux ainsi qu’aux dynasties
Des argentés ou bruns goélands, assorties
Les familles de fous, macareux, bien loties.
Gagnez Perros-Guirec, thermale station,
L’un des points de départ de mainte excursion,
Et son embarcadère, – ô l’animation !
Pour Rouzic et Malban, deux des îles, en route !
Au large, atteint le point, rien qui ne nous déroute,
Prévu, sait-on jamais ? breuvage et casse-croûte,
Par avance connu qu’on ne foule les sols
De la réserve afin d’exclure aérosols,
Parfums, laques, transats, transistors, parasols,
On peut faire le plein de ballets fantastiques
Dans l’air, les flots, sur terre, en tête quels celtiques
Anges, démons, exploits, enchantements mythiques !
L’Île-aux-Moines, la seule où fillettes, gamins,
Et parents ont le droit d’emprunter ses chemins,
Offre un bel horizon aux riches examens.
La côte de Granit rose est, ainsi, princière,
Un chaos de rochers surprenant dont « sorcière »,
« Tête de mort », « tortue » et, drôle, finassière,
« Bouteille renversée », trésors de Ploumanac’h,
Méritant les honneurs d’un utile almanach
Célébrant de concert les vertus d’un cornac.
Surtout, n’oubliez pas la marée noire atroce,
Les rochers mazoutés qu’on arrose, qu’on brosse,
Des oiseaux englués l’hécatombe féroce !
(Sans mémoire l’humain roulant toujours carrosse !)
Le 28 octobre 2009.
